Après le succès rencontré à la montée sèche de la Pyramide fin décembre, la pression était sur les épaules des organisateurs pour tenter de faire aussi bien lors du 14ème skiathlon Cenise Bargy. Le souci principal à ces altitudes reste l'enneigement qui peut faire défaut sur les pentes du col de Cenise, qui pendant un mois avait été baigné d'un beau soleil de janvier. Les chutes de neige du mois de décembre ayant été si conséquentes que la question d'un éventuel report ne se posait pas. Mais le bel anticyclone s'en fut. Et la semaine avant la course allait voir défiler les jours de pluie, de neige et de vent. Les 3 parcours sont traditionnellement tracés la veille de la course et c'est donc tout naturellement que 3 équipes allaient oeuvrer samedi pour faire 2 belles traces sur les parcours... sous la pluie et le grésil... pas fameux pour la motivation des troupes; et que dire de l'état de la neige ce samedi avec un manteau neigeux sans cohésion qui ne permettait pas aux motos neige de gagner le point haut, puis l'arrivée d'un brouillard à couper au couteau qui ne permit pas de baliser la descente (sympa la montée des piquets sur le dos sans se voir le bout des spatules hein Adrien ?!).
Les prévisions météo annonçaient des chutes de neige pour la première partie de la nuit, obligeant donc les bénévoles à tout retracer le dimanche matin avant le départ.
Et ce qui était prévu allait se dérouler car au réveil dimanche matin, pas un nuage ne venait maculer le ciel bleu... un miracle.
Et avec le soleil, un nombre impressionnant de concurrents allait débarquer à la salle des fêtes: 172 personnes allaient prendre place à la course, un record : quel honneur ! Le départ pouvait cette année être à nouveau donné au coeur du village, au grand plaisir des spectateurs massés devant la boucherie, et à 9h05, une meute fumante était lâchée vers la place de la Villa, avec 800 mètres de footing en chaussures de randonnée. La première partie de la course allait permettre à Philippe Blanc et Sébastien Vernaz-Piemont de se placer aux avant-postes, talonnés par le 1er coureur individuel Yann Gachet. Il fallut guère plus de 40 minutes à ces compétiteurs pour rejoindre le point haut de la course, la Croix du Feley, sur laquelle un beau soleil venait poser ses rayons... le scintillement de la neige fraîche et le point de vue sur les faces nord du massif du Bargy allaient laisser admirateurs les concurrents qui venaient pour la 1ère fois sur les lieux.

La descente peu technique n'allait pas changer les places en tête. Les fondeurs attendaient dans le froid l'arrivée des acrobates pour pouvoir réchauffer la machine car patienter par -7 degrés n'est pas très agréable. Les conditions de glisse du ski de fond étaient elles aussi excellentes et allaient permettre aux fondeurs expérimentés de creuser les écarts.
Le premier à repartir sur le 3ème parcours était Philippe Blanc, suivi de Bertrand Mayol. Yann Gachet chez les individuels avait encore creusé les écarts sur les boucles de fond et n'allait laisser aucun espoir de retour à Manuel Giordano.
Les équipes féminines, quant à elles, étaient toutes composées de demoiselles de Mont-Saxonnex, et malgré l'amitié les liant, aucune n'allait se laisser faire et mettait toute son énergie dans la bataille pour grappiller quelques secondes.
Une fois la course achevée, en plus de 4 heures pour les moins rapides, tout ce beau monde se dirigeait vers la salle des fêtes pour se restaurer du classique triptyque de Jean Paul: soupe/saucisses/patates. L'association l'Orchidée (www.lorchidee.org), qui soutient dans leurs projets des enfants gravement malades, avait fait le déplacement depuis Lyon pour assister à l'épreuve. Ils allaient remettre des challenges, des médailles et des tee-shirts aux vainqueurs de différentes catégories, et l'association Cenise Bargy allait leur remettre un chèque de 344 euros, soit 2 euros par participant. L'émotion suscitée par le discours de la vice-présidente était palpable, nul doute que leur présence à la manifestation allait leur permettre de se faire connaître dans la vallée de l'Arve.
La journée prit fin après que le président eut donné rendez vous à chacun à la mi-juillet pour la Cenise Bargy été, en espérant que les conditions climatiques soient aussi belles. On peut toujours rêver, non?